Engins explosifs à New York: les suspects accusés d'"actes terroristes" ont fait allégeance à l'EI
Les deux hommes ayant jeté des engins explosifs aux abords d'une manifestation anti-islam à New York samedi ont fait allégeance au groupe État islamique et sont accusés d'"actes terroristes", selon la plainte déposée lundi.
Cinq chefs d'accusation ont été retenus contre les suspects, venant de l'Etat voisin de Pennsylvanie, notamment "tentative de fourniture de matériel, de moyens et de ressources à une organisation terroriste étrangère" et "utilisation d'une arme de destruction massive".
Interpellés immédiatement après les faits, l'auteur du lancer, Emir Balat, 18 ans, et son complice présumé, Ibrahim Kayumi, 19 ans, ont fait état de leur affiliation à l'EI face à la police, d'après la plainte déposée au tribunal fédéral de Manhattan.
Il leur est reproché d'avoir jeté, en marge d'une manifestation à l'appel de l'influenceur d'extrême droite Jake Lang devant la résidence officielle du maire de New York, deux engins contenant du peroxyde d'acétone ou TATP, un explosif fabriqué à base de produits vendus dans le commerce.
Ils "auraient pu causer des blessures graves, voire mortelles", a commenté lundi matin la cheffe de la police new-yorkaise, Jessica Tisch, lors d'une conférence de presse devant cette résidence située à Manhattan et baptisée Gracie Mansion.
L'enquête a été confiée à la police antiterroriste américaine.
D'après un journaliste de l'AFP présent sur les lieux, l'individu qui a lancé les engins explosifs a crié "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand").
Dimanche, l'équipe de déminage de la police de New York a découvert un autre engin suspect et des matériaux similaires aux deux premiers engins explosifs à l'intérieur d'une voiture non loin de Gracie Mansion. Ce troisième engin ne contenait pas de matières explosives, selon Mme Tisch.
- Niveau d'alerte renforcé -
Rien n'indique que l'incident soit lié à la guerre au Moyen-Orient, a-t-elle souligné. Néanmoins, le niveau d'alerte a été renforcé dans la ville depuis le début des bombardements israéliens et américains sur l'Iran le 28 février.
"Aujourd'hui, nous continuerons à déployer des ressources supplémentaires pour lutter contre le terrorisme dans toute la ville", a dit la cheffe de la police new-yorkaise lundi.
Au moment des faits samedi, une vingtaine de personnes manifestaient contre l'"islamisation" et les prières musulmanes en public dans New York, face à quelque 125 contre-manifestants.
Ni Zohran Mamdani, premier maire musulman de la ville, ni son épouse n'étaient présents à leur domicile, a précisé l'édile démocrate, entré en fonction le 1er janvier, lors de la conférence de presse lundi.
Il a ajouté que "quiconque vient à New York pour semer la violence dans nos rues sera tenu responsable légalement".
Figure des sphères d'extrême droite américaines, Jake Lang a notamment participé à l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021. Placé en détention provisoire pendant quatre ans, il était en attente de son procès quand il a bénéficié de la grâce de Donald Trump en janvier 2025.
En février de cette année, il a été arrêté et poursuivi pour avoir vandalisé une sculpture en glace hostile à la police fédérale de l'immigration (ICE).
M. Lang était de nouveau présent aux abords de Gracie Mansion lundi, a constaté l'AFP, alors même que Zohran Mamdani et Jessica Tisch s'y exprimaient devant les médias.
D.Sandstrom--StDgbl