La vie privée de Jordan Bardella soudainement scrutée
Aperçu en compagnie d'une altesse royale italienne, à la sortie d'une soirée parisienne où se mêlaient politiciens et milliardaires, Jordan Bardella présente une facette contrastant avec les origines modestes qu'il met volontiers en avant.
L'histoire débute sur les marches d'un palais. En l'occurrence le Grand Palais, où Le Figaro célébrait en grande pompe son bicentenaire la semaine dernière.
Le tout-Paris s'était pressé à l'événement, à commencer par l'élite du patronat hexagonal: Bernard Arnault, François-Henri Pinault, Vincent Bolloré, Xavier Niel, entre autres. Panel complété d'un large éventail de responsables politiques, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu. Mais aussi Bernard Cazeneuve, Eric Zemmour, en passant par Edouard Philippe, Bruno Retailleau et François Bayrou sans oublier Nicolas Sarkozy et François Fillon.
Et donc Jordan Bardella. Filmé à sa sortie depuis le trottoir d'en face, le tout juste trentenaire président du Rassemblement national est apparu au côté d'une jeune femme blonde, s'engouffrant avec lui dans une berline noire. Quinze secondes capturées au smartphone, juste assez floues pour attiser la curiosité des réseaux sociaux.
Il n'a fallu que peu de temps pour identifier Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, 22 ans, ci-devant duchesse de Palerme et de Calabre, descendante d'une prestigieuse et richissime lignée aristocratique italienne.
La presse transalpine s'est aussitôt jetée avec gourmandise sur ce "potin national", sans que le RN ne s'en émeuve. En revanche, quand Le Monde s'est emparé de l'histoire en estimant que M. Bardella "risque de brouiller son image", la garde rapprochée du leader nationaliste s'est chargée de répliquer.
Le député Alexandre Loubet a fustigé un "article militant (qui) suinte le mépris social" tandis que l'eurodéputé Pierre-Romain Thionnet s'en est pris aux "jets haineux et obsessionnels" des journalistes du quotidien français.
Moins acrimonieux, Sébastien Chenu s'est contenté de déplorer une "attaque grotesque". Après tout, "si Jordan Bardella est amoureux, qu'il le soit d'une princesse ou d'une étudiante (...), c'est son choix", a glissé le vice-président du parti à la flamme, souhaitant "bien du bonheur" à son numéro un dans cette "belle histoire".
- Vie publique, vie privée -
Survolant les baromètres de popularité, la vie privée du favori des sondages pour la prochaine élection présidentielle ne pouvait qu'éveiller la curiosité. Bien qu'il ne soit toujours que le dauphin désigné de Marine Le Pen en cas d'empêchement judiciaire.
Depuis ses idylles avec une fille de Frédéric Chatillon, ami de longue date et ex-conseiller sulfureux de la patronne du RN, puis avec une nièce de la même cheffe de file de l'extrême droite française, il restait très discret sur ses fréquentations.
"J'ai toujours cherché à protéger ma vie privée", se justifiait-il dans l'émission "Une ambition intime" diffusée en juin.
Rien ne semblait interférer avec son récit public. Celui d'un champion revendiqué de "la France qui travaille" et du "peuple français", contre des "gouvernements sans légitimité" et d'"obscurs accords d'appareils", comme il le martelait encore il y a quelques jours.
Celui aussi d'un modeste fils d'immigrés turinois, élevé par une mère célibataire dans une banlieue défavorisée, entré en politique sans autre diplôme que le bac et qui affirme aujourd'hui savoir "ce que veulent les Français" - titre de son deuxième livre.
Aux antipodes de l'enfance privilégiée de l'héritière du trône des Deux-Siciles et de son quotidien fastueux abondamment relaté sur ses comptes Instagram et TikTok. Ce profil d'influenceuse jet set n'a toutefois pas de quoi impressionner un Jordan Bardella qui cumule dix fois plus d'abonnés sur les mêmes réseaux sociaux.
Z.Blomqvist--StDgbl