Bolloré sur Morandini: "justice est passée et maintenant miséricorde doit passer"
La "justice est passée" dans le cas de l'ex-animateur de CNews Jean-Marc Morandini, condamné pour corruption de mineurs et harcèlement, et il faut maintenant "la miséricorde" et "le pardon", a estimé mardi devant les députés le milliardaire Vincent Bolloré, actionnaire de référence de la chaîne.
Le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne après sa condamnation définitive mi-janvier avait provoqué une crise au sein de CNews. L'une de ses vedettes, Sonia Mabrouk, a quitté la chaîne début février pour marquer sa désapprobation, puis l'animateur a annoncé trois jours plus tard qu'il se retirait finalement de l'antenne, face à la polémique.
"Il faut justice et miséricorde", a déclaré M. Bolloré, questionné sur cette affaire par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public.
"La justice est passée (...) et elle a dit deux ans de prison avec sursis". "Bien sûr, je condamne absolument tous les faits délictuels. Et c'en est un grave", a-t-il poursuivi.
Outre la justice, "il y a une deuxième vertu (...), c'est le pardon", a ajouté ce catholique revendiqué, actionnaire de référence du groupe Canal+, dont fait partie CNews.
"Je suis chrétien (...), je récite tous les jours le Notre Père dans lequel je dis +Notre Père qui êtes aux cieux, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons les offenses+, donc je pardonne", a poursuivi le milliardaire de 73 ans.
"Les dirigeants de CNews, je pense, ont pris les bonnes décisions: d'abord ils ont laissé M. Morandini regretter amèrement par écrit ce qu'il avait fait (référence à un message sur le réseau social X fin janvier, ndlr), et ensuite il a démissionné, il est parti", a développé M. Bolloré.
"La miséricorde, le pardon, ce n'est pas une faiblesse, c'est une force. Parce que la miséricorde, elle vous libère (...), et moi, je ne ferai jamais partie de ceux qui hurlent avec les loups sur tout problème", a-t-il conclu.
Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents de 2009 à 2016. Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis, avec interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs.
En outre, l'animateur a renoncé le 22 janvier à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, ce qui l'a rendue définitive.
L.Sundstrom--StDgbl