Stockholms Dagblad - Xavier Piechaczyk, candidat à la RATP, prêt à prendre le métro en marche derrière Castex

Stockholm -
Xavier Piechaczyk, candidat à la RATP, prêt à prendre le métro en marche derrière Castex
Xavier Piechaczyk, candidat à la RATP, prêt à prendre le métro en marche derrière Castex / Photo: LOIC VENANCE - AFP/Archives

Xavier Piechaczyk, candidat à la RATP, prêt à prendre le métro en marche derrière Castex

Faire rouler métros, trams et bus en satisfaisant les voyageurs parisiens et les salariés du groupe, sur fond d'ouverture à la concurrence: Xavier Piechaczyk, choisi par Emmanuel Macron pour piloter la RATP, s'est déclaré prêt mercredi à relever les multiples défis des transports franciliens.

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Sans être issu du sérail des transports, l'actuel président du directoire du distributeur public d'électricité RTE, candidat à la succession de Jean Castex, a fait valoir devant une commission du Sénat tous les points de convergence entre son parcours professionnel et les besoins de la RATP.

Au cours d'un grand oral de près de deux heures devant les sénateurs appelés à se prononcer sur sa candidature, cet ancien conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault, puis de François Hollande à l'Elysée, a mis en valeur sa vie professionnelle "consacrée aux services publics".

Il a notamment insisté sur trois de ses compétences qu'il envisage de mettre au service de la RATP: la "maîtrise d'ouvrage d'infrastructures", qu'il a exercée au ministère de l'Equipement, mais aussi chez RTE, c'est-à-dire la conception et la gestion de chantiers; la "performance industrielle", soit la gestion fine de la maintenance d'équipements technologiques pour assurer un service public 24 heures sur 24; et enfin la "transformation des organisations" qu'il a pratiquée en tant que chef de la modernisation du ministère de l'Equipement, mais aussi chez RTE, "avec le dialogue social qui les accompagne".

La question sociale était d'ailleurs le premier sujet d'intérêt des sénateurs, alors que la Régie est bousculée par l'arrivée de la concurrence.

"Avant toute chose, nous aimerions savoir quel type de président de la RATP vous entendez incarner, quelle sera votre méthode de management, comment comptez-vous mener le dialogue social avec les organisations syndicales?" lui a demandé d'emblée Daniel Guéret, sénateur LR d'Eure et Loire.

"Je compte faire à la RATP ce que j'ai toujours fait dans l'ensemble de mes fonctions et de mes responsabilités, avoir un dialogue social sincère et transparent" (...) et rechercher des compromis, a répondu M. Piechakzyk.

- "Coopératif" ou "bulldozer" ? -

Il a insisté sur son caractère "coopératif", en indiquant qu'il avait "du mal à comprendre" les critiques portant sur son "style bulldozer".

Chez RTE, en dix ans, dont cinq et demi de présidence, huit accords salariaux sur dix, négociés dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ont été signés par les syndicats, a-t-il fait valoir pour attester de ses talents de négociateur social.

Avec l'ouverture à la concurrence, "l'ancien périmètre du monopole va décroître c'est mécanique", a analysé M. Piechaczyk en se gardant néanmoins de vouloir courir "tous les lièvres à la fois" dans les futurs appels d'offres régionaux afin de compenser d'éventuelles pertes d'activités sur son propre réseau francilien.

La RATP, qui a déjà remporté la gestion de l'étoile ferroviaire autour de Caen, via sa filiale RATP DEV, présentera bien sa candidature sur certains dossiers, mais à condition notamment qu'elle apporte "plus de qualité pour les voyageurs", a-t-il dit.

A l'étranger, il s'est déclaré favorable à l'idée lancée par Jean Castex de "discuter d'une équipe de France" pour répondre ensemble aux appels d'offres avec la SNCF, Keolis et "les grands BTPistes" français, notamment pour les chantiers de construction de réseaux urbains de transport.

Il a salué l'oeuvre de Jean Castex qui a "considérablement redressé la qualité de service", tout en "relevant le défi des JO de Paris 2024" et en préparant l'ouverture à la concurrence des bus qui a eu lieu en 2025: "un zero faute". "La conflictualité a été faible et le premier transfert s'est déroulé sans bug opérationnel majeur", a-t-il ajouté, en s'engageant à "poursuivre le dialogue social".

Deux sujets de société ont retenu son attention, les atteintes sexuelles faites aux femmes dans les transports en commun, sujet sur lequel il aimerait s'engager "personnellement". Et en matière d'accessibilité, le remplacement des 2.000 tourniquets qui demeurent dans le métro parisien, et empêchent les passages des parents avec poussettes.

Une deuxième audition est programmée mercredi 27 janvier devant les députés, à l'issue de laquelle les élus des deux chambres se prononceront sur sa candidature.

A.Fredriksson--StDgbl