Stockholms Dagblad - Possible féminicide: les recherches se poursuivent pour retrouver une jeune mère

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Possible féminicide: les recherches se poursuivent pour retrouver une jeune mère
Possible féminicide: les recherches se poursuivent pour retrouver une jeune mère / Photo: Fred TANNEAU - AFP

Possible féminicide: les recherches se poursuivent pour retrouver une jeune mère

Un ruban jaune "zone interdite" barre l'accès à sa ferme, un scellé est posé sur la porte de sa maison: Manon Relandeau a disparu depuis la fin mars et les recherches se poursuivent près de Nantes pour retrouver la jeune mère, qui pourrait avoir été tuée.

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Le bébé de la jeune femme, âgé de 15 mois, a aussi disparu.

Le conjoint de Manon Relandeau et père de l'enfant, âgé de 41 ans, a pris l'avion le 2 avril avec sa fille, au départ de Nantes et à destination de l'Algérie, selon le parquet, qui a ouvert une enquête pour meurtre et enlèvement.

Sur la porte de la maison du couple, située dans un quartier pavillonnaire de Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), commune de près de 8.000 habitants, un scellé a été posé. Face aux volets fermés du rez-de-chaussée, devant une façade blanche immaculée, se dressent quelques oliviers.

"On les voyait entrer, sortir, mais on ne les connaissait pas vraiment, ils avaient emménagé il y a quelques mois seulement, en location", a expliqué à l'AFP la voisine d'en face. "Je voyais parfois le bébé, commençant à marcher", a ajouté cette retraitée qui n'a pas souhaité donner son nom.

Depuis plusieurs semaines, plus une trace. "Tout a commencé au week-end de Pâques: le vendredi, j'entends sonner et je vois les gendarmes, qui me demandent quand j'ai vu ma voisine pour la dernière fois", poursuit-elle. Elle ne s'en souvient pas mais assure avoir vu le conjoint quitter la maison la veille au volant d'une voiture.

- Drone, chiens, hélicoptère -

Un peu plus loin dans la rue, un couple de quadragénaires, qui souhaite aussi rester anonyme, raconte avoir vu un hélicoptère sillonner le ciel au-dessus du quartier pendant ce même weekend.

Pour le moment, a indiqué le parquet de Nantes, les investigations "convergent vers l'hypothèse d'un meurtre".

Des proches de la jeune femme, qui avait repris une ferme en bordure de Saint-Etienne-de-Montluc, ont donné l'alerte le 3 avril, inquiets de ne pas avoir de nouvelles d'elle et de son bébé depuis plusieurs jours.

"Très rapidement, les investigations réalisées dans la journée nous ont conduit vers une disparition inquiétante (...) Le soir même, nous avions des techniciens en investigation criminelle. Et durant tout le week-end de Pâques, nous sommes montés en puissance pour atteindre pratiquement 60 militaires engagés", a expliqué Thierry Coin, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Nantes, lors d'un point presse organisé devant la ferme mardi en fin de journée.

Une rubalise jaune marquée "zone interdite" barrait l'accès au bâtiment.

Des recherches par drone et hélicoptère ont également été engagées, deux équipes cynophiles et la brigade fluviale mobilisées, et une cellule nationale d'enquête dirigée par la section de recherches de Nantes a été spécifiquement créée.

L'enquête n'a pour l'instant pas permis de déterminer précisément le jour de la disparition de la jeune femme et de sa fille, a expliqué Thierry Coin. Dans cette enquête, "nous ne négligeons absolument aucune piste et aucun lieu", a-t-il ajouté.

- "L'air gentil" -

Des plongeurs étaient déployés mardi matin dans les environs de Saint-Etienne-de-Montluc, a expliqué la gendarmerie.

Eleveuse de vaches, gérante d'une pension pour chevaux, Manon Relandeau apparaît sur son compte Facebook souriante, lunettes sur le nez, souvent à cheval ou posant avec un chien.

Dans son quartier, une voisine décrit une jeune femme connue "seulement de loin", à "l'air gentil" et partant travailler le matin en tenue d'agricultrice.

Depuis lundi, les journalistes se succèdent dans le quartier raconte-elle. "Cela n'arrive jamais, c'est un endroit très calme."

Après avoir quitté le territoire français, le conjoint de la jeune femme a "contacté quelques personnes par téléphone", a expliqué lundi le parquet, sans donner plus de détails.

Z.Nyberg--StDgbl