Taïwan prêt à investir 4,4 milliards dans un projet de gazoduc en Alaska promu par Trump
Taïwan a confirmé mercredi être prêt à investir jusqu'à 4,4 milliards de dollars dans un projet de futur gazoduc en Alaska que le président américain Donald Trump a décidé de relancer.
"Selon les projections actuelles, cette coopération portera sur l'achat annuel de six millions de tonnes métriques de GNL (gaz naturel liquéfié, ndlr) d'Alaska une fois la production lancée, ainsi que sur la participation au développement du projet, pour un investissement estimé à 4,4 milliards de dollars américains au maximum", a indiqué le ministère des Affaires économiques de Taïwan dans un communiqué.
"Si le projet se déroule sans encombre selon le calendrier prévu, il devrait commencer à alimenter davantage l'approvisionnement national en gaz naturel dès 2032", a-t-il ajouté.
Quelques heures auparavant, Donald Trump avait annoncé lors d'un déplacement de campagne à Wasilla, en Alaska, que Taïwan s'était engagé à acheter 30 % du gaz naturel qui sera acheminé par un futur gazoduc traversant l'Alaska au cours des 20 prochaines années.
Le président américain avait également annoncé l'engagement de Taipei dans un investissement supplémentaire de 4,4 milliards de dollars pour ce projet.
Serpent de mer vieux de plusieurs décennies, ce projet de gazoduc a été soutenu successivement par Donald Trump lors de son premier mandat, puis Joe Biden, et relancé par l'actuel président républicain.
L'île asiatique importe la quasi-totalité de son approvisionnement énergétique et s'efforce de conserver le soutien de Washington face à la Chine, qui revendique la souveraineté sur Taïwan.
Taïwan s'approvisionne en GNL auprès de plusieurs pays, mais la provenance de ses importations a radicalement changé cette année après le début de la guerre au Moyen-Orient, lorsque l'Iran a revendiqué le contrôle du détroit d'Ormuz.
L'Australie a remplacé le Qatar en tant que premier fournisseur de GNL de l'île asiatique, représentant 34,8 % des importations, selon les données officielles taïwanaises pour les huit premiers mois de 2026.
Le GNL qatari représentait 10,7 % des importations sur cette période (contre 35,1 % à la même période l'année dernière).
Et les importations en provenance des États-Unis ont plus que triplé, pour atteindre 24,5 %.
Le gouvernement taïwanais avait déjà fait part de son intention d'acheter du GNL venu d'Alaska.
- "Stabilité" -
Le ministère des Affaires économiques avait déclaré début 2025 que la société énergétique publique taïwanaise CPC Corporation "se procurera du GNL et cherchera à obtenir des droits de participation aux investissements en amont afin de garantir un approvisionnement énergétique futur stable pour Taïwan".
"Le rôle du gouvernement est d'assurer la stabilité et la résilience de l'ensemble de l'approvisionnement énergétique", a déclaré mercredi le Premier ministre Cho Jung-tai.
"Nous avons bien sûr un long chemin à parcourir de ce point de vue, et nous travaillons sans relâche pour maintenir un approvisionnement national stable en pétrole, en électricité et en gaz naturel, comme nous l'avons fait depuis le début de cette année", a-t-il ajouté.
Cet accord avec Taipei "garantit" le succès du projet de futur gazoduc, a déclaré Donald Trump mardi dans son discours.
Cette infrastructure, prévue pour être longue de 1.300 kilomètres, devra acheminer le gaz naturel extrait des vastes gisements du nord de l'Alaska vers le sud, où il sera transformé en GNL.
Le gaz sera ensuite acheminé par méthanier vers l'Asie, son principal marché, au cours d'un trajet relativement court, de sept à neuf, jours à travers l'océan Pacifique.
Soutenu par le groupe américain Glenfarne et l'État d'Alaska, le projet devra surmonter des obstacles techniques et ne devrait pas être opérationnel avant 2030.
Les responsables de cet Etat américain défendent ce projet depuis des années, mais son coût élevé et les doutes quant à sa viabilité économique ont freiné les avancements.
Donald Trump a ajouté mardi que tous les permis fédéraux nécessaires avaient été octroyés pour la réalisation du gazoduc.
I.Martensson--StDgbl