Stockholms Dagblad - "Comme si on avait eu la guerre": Paris se réveille sidéré après les violences

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"Comme si on avait eu la guerre": Paris se réveille sidéré après les violences
"Comme si on avait eu la guerre": Paris se réveille sidéré après les violences / Photo: Matthieu RONDEL - AFP

"Comme si on avait eu la guerre": Paris se réveille sidéré après les violences

Une riveraine s'immobilise devant un amas de vélos calcinés en plein coeur de Paris. Il est 08H00 dimanche, l'air sent encore le brûlé et le verre crisse sous les pas des ouvriers qui dégagent les débris. Au lendemain des violences urbaines, la capitale se réveille dans un décor de saccage.

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"C'est lamentable, effarant, des meutes de jeunes qu'on a vues hier ici, qui pillent, qui cassent en toute impunité", déplore Cécile Rogue, 57 ans, médusée devant les carcasses noircies de bicyclettes en libre service entremêlées dans un amas de métal tordu.

De l’autre côté du boulevard, des hommes soulèvent à bout de bras un grand panneau de verre brisé.

"C’était la vitrine de Roche Bobois", magasin de meubles, dit l'un d’eux à l’AFP. Plus loin un fauteuil vert apparaît dans l'ouverture béante d'une autre vitrine éventrée.

- "La France n'est plus comme avant" -

Devant, un abribus a volé en éclats.

En short, t-shirt orange, une queue de cheval dépassant de sa casquette, Anita Gras poursuit son jogging en slalomant entre les bris de verre dans la pénombre de l'aube et lâche un terme ordurier à l'adresse des casseurs.

"On n'a jamais vu une telle violence", ajoute-t-elle, affirmant que des lycéens ont participé aux dégradations et aux pillages.

A Paris, comme dans plusieurs villes de France, les violences et les pillages ont éclipsé la mobilisation samedi contre "la vie chère", même si dans d'autres quartiers la manifestation s'est déroulée dans le calme.

"Ils sont entrés dans la boutique Asics, une paire de baskets coûte 200 euros (...) Ils sont restés dans le quartier jusqu'à 1H00 du matin. On a eu peur qu’ils nous lancent quelque chose", raconte Mme Gras.

La veille, samedi en plein chaos, elle a dû aller chercher son fils, employé dans une boutique du quartier fortement touchée par les dégradations.

"C'est comme si on avait eu la guerre", se désole Mehmet Ozden, ancien couturier de 78 ans d'origine turque, qui habite boulevard Sébastopol depuis qu'il est arrivé en France en 1970 "quand de Gaulle était encore vivant".

Il promène son chien qui "a eu trop peur" samedi soir. "On a dû rentrer".

"C'est nous qui paieront tout ça. C'est inacceptable. La France n'est plus comme avant", soupire le retraité.

- Peur pour le tourisme -

Devant ces scènes de saccage, Cécile Rogue, qui se présente comme "organisatrice de voyages", anticipe déjà des répercussions négatives sur son activité.

"Ce n'est pas une super image pour le tourisme. Le pape était là il y a quinze jours et c'était une tout autre ambiance", poursuit-elle.

Soigneusement maquillée, en long manteau rouge, une femme s'engouffre dans la station de métro Réaumur Sébastopol.

"It was awful, I was so afraid", ("C'était horrible, j'ai eu tellement peur"), lance cette touriste qui refuse de donner son nom.

Dans la station de métro République, l'odeur des gaz lacrymogènes flotte encore.

Dans les rues autour de la place de la République, autre foyer des violences, le ménage est bien avancé mais pas fini.

La vitrine éventrée du magasin de l'électroménager Darty, est gardée par deux agents de sécurité et un chien muselé.

Des détritus et des douilles de gaz lacrymogène jonchent encore les trottoirs par endroits. Des vélos calcinés ont été regroupés pour ne pas gêner la circulation.

Devant le magasin de cosmétiques Marionnaud pillé, avenue de la République, les traces du saccage sont encore visibles : vitrine brisée, emballages déchirés abandonnés sur le sol, sacs et éléments de décoration piétinés.

L'alarme retentit toujours. Personne n’est encore venu sécuriser la boutique, dont la vitrine reste béante.

À l’angle de la rue du Faubourg-du-Temple, où se sont déroulés les premiers affrontements, le nettoyage est achevé : les projectiles lancés sur les policiers ont disparu.

Mais sur la place, les déchets s'accumulent encore. Des voitures brûlées et les deux kiosques sont toujours là, témoins des violences de la veille.

O.Forsberg--StDgbl