Stockholms Dagblad - Canicule: les feux de forêt gagnent de nouveaux territoires

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Canicule: les feux de forêt gagnent de nouveaux territoires
Canicule: les feux de forêt gagnent de nouveaux territoires / Photo: Damien MEYER - AFP/Archives

Canicule: les feux de forêt gagnent de nouveaux territoires

"Nous n'avons jamais connu ça dans l'Allier, même en plein coeur de l'été", déplore Philippe Sansa, directeur du service d'incendie et de secours (SDIS) de ce département. Les pompiers font en effet face à des feux de forêt sur de nouveaux territoires, traditionnellement moins menacés par les incendies, et sur une période plus longue, pointent des experts.

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L'Allier, à l'instar des départements du Maine-et-Loire et du Lot-et-Garonne, sont actuellement touchés par des incendies qui se propagent aux zones boisées, à la faveur de températures extrêmes pour la saison. Et deux départements, la Haute-Garonne et les Deux-Sèvres, ont basculé mercredi "pour la première fois de la saison" sur un "niveau de danger très élevé" pour les feux de forêts, a annoncé Météo-France.

Une situation qui n'est plus l'apanage des départements méditerranéens, au climat plus sec.

"C'est inédit pour nous d'être confrontés ici à des conditions extrêmes, dès le mois de juin", ajoute le responsable des pompiers de l'Allier. "On était plutôt préservés jusque là, mais ce n'est plus le cas."

Pourtant, l'Allier n'est pas répertorié parmi les "52 départements (...) particulièrement exposés aux risques de feux de forêt", définis par "un arrêté de classement qui est sorti en avril", explique à l'AFP Christophe Chantepy, expert en défense des forêts contre l'incendie auprès de l'Office national des forêts (ONF).

Mais toutes les conditions sont "réunies" pour des "catastrophes", selon le directeur des pompiers de l'Allier: la température caniculaire, le vent qui propage les flammes et un taux d'humidité dans l'air bas.

"En France, aujourd'hui, aucun département ne peut être considéré comme +à l'abri+ d'un incendie de forêt", selon Christophe Chantepy. Et la liste de départements à risque "s'étoffe (...) chaque année".

Depuis plusieurs jours, le scientifique observe que la végétation "commence à (être) en stress hydrique" et que les feux de culture "commencent de temps en temps à rentrer en forêt".

"Cette situation est due à un manque de pluie dans la période hivernale, ce qui a conduit à un déficit pluviométrique", explique quant à lui Anthony Collin, enseignant-chercheur au Laboratoire énergies et mécanique théorique appliquée de l’université de Lorraine.

Selon lui, les nouveaux territoires à risque "vont de la Bretagne aux Vosges", en passant par le centre du pays.

- "Marathon" -

Les feux durent aussi sur une période de plus en plus longue de l'année.

Didier Marcaillou, directeur du SDIS de Charente-Maritime estime "déjà" être dans une période à risque. La canicule actuelle ajoutée à celle de fin mai a rendu la végétation "très sèche".

"On peut se retrouver avec un été vraiment à risque", déplore le pompier auprès de l'AFP, notant qu'on pourrait revivre "les mêmes situations qu'en 2022", à savoir des feux qui vont prendre des "proportions importantes".

Les jours à risque étaient plutôt concentrés sur "le coeur de l'été, en juillet-août", développe Christophe Chantepy. Mais désormais, juin, septembre et octobre le sont aussi.

Philippe Sansa dit quant à lui "s'attendre à des situations similaires à celle en cours" au moins "jusqu'à septembre". "On va devoir mener un marathon, pas un sprint."

Les pompiers volontaires sont sollicités sur des périodes beaucoup plus longues (quatre mois au lieu de deux), et cette "extension" des périodes fait "que les moyens de surveillance, mais également les moyens de lutte, notamment humains, sont potentiellement plus éprouvés", souligne Christophe Chantepy.

Les pompiers de l'Allier s'estiment cependant "déjà aguerris", selon Philippe Sansa. "Tous les ans, nos effectifs vont prêter main forte dans le Sud, que ce soit dans l'Aude, le Var ou les Bouches-du-Rhône", rappelle-t-il. Même si, actuellement, "ce sont eux qui viennent chez nous" pour prêter main forte, ajoute le pompier.

Il souligne également que le matériel a été adapté à la situation: "Pour la première fois, le département a loué un hélicoptère bombardier d'eau qui est arrivé mardi. Cet équipement va se révèler extrêmement précieux".

"Une canicule de l'importance de celle qu'on vit actuellement", sur une durée indéterminée, "ça nous préoccupe fortement parce qu'on sait qu'on a encore tout l'été à passer derrière", s'inquiète Christophe Chantepy.

H.Samuelsson--StDgbl