Le Tour de France s'adaptera face à la canicule, dit son directeur à l'AFP
Le Tour de France s'adaptera face à la canicule, a déclaré lundi son directeur Christian Prudhomme à l'AFP, en pointant les difficultés de changer à court terme les horaires des étapes.
"On connaîtra d'évidence de fortes chaleurs sur le Tour de France. La protection des coureurs et du public est pour nous capitale. Le maître mot est de s'adapter", a-t-il souligné quelques instants avant de partir à Barcelone, où la Grande Boucle s'élance samedi.
"Pour les coureurs, il y a un protocole températures extrêmes mis en place par l'Union cycliste internationale (UCI) et qui s'applique en fonction de la température, du taux d'humidité, du vent, de la vitesse des coureurs. Il est possible d'avoir plus de ravitaillements. Les délais d'élimination peuvent être revus dans un sens beaucoup plus large pour éviter que les coureurs lâchés n'aient à fournir des efforts démesurés", a-t-il détaillé.
"Les coureurs sont habitués aux grosses chaleurs. Le Tour Down Under (en Australie, NDLR) début janvier connaît chaque année des températures caniculaires à 40 ou 42 degrés. Après, je ne parle pas de dix jours consécutifs à 40 degrés, bien évidemment", a-t-il ajouté.
Concernant le public au bord des routes, également très exposé, M. Prudhomme a dit que le Tour de France était "en contact constant avec les préfectures des départements traversés".
"La caravane du Tour c'est 2,5 millions de couvre-chefs, 550.000 canettes distribuées et nous avons par ailleurs 400.000 litres d'eau emportés en bouteille. Bien évidemment que la prévention, les messages de bon sens sont capitaux et on va les répéter inlassablement: que les gens viennent avec un chapeau, qu'ils aient de l'eau, qu'ils fassent particulièrement attention aux enfants et aux grands-parents".
- Davantage de parcours ombragés -
Le Tour de France propose des étapes plus courtes - 205 km maximum cette année - "dans un premier temps pour une raison d'intérêt sportif, mais qui peut l'être maintenant aussi pour une raison de climat".
Les organisateurs cherchent aussi davantage de parcours ombragés, comme la montée du Haag, en Alsace, lors de l'étape du 18 juillet, "emblématique de ce que pourra être le Tour de France de demain, sachant qu'il n'est bien évidemment pas question de dire qu'il n'y aura plus de Ventoux, d'Alpe d'Huez, de Galibier ou de Tourmalet."
Faire partir les étapes plus tôt pour éviter les grosses chaleurs est en revanche difficilement envisageable, au moins à court terme, selon le patron du Tour.
"Il faut bien avoir conscience que 28.000 policiers, pompiers, gendarmes sont mobilisés et qu'on n'est pas chez nous sur les routes. Les autorisations, on les a pour une certaine heure. Ce ne sont pas des choses qui se font au dernier moment. Tu peux faire quinze kilomètres de moins ou partir une demi-heure plus tôt. Mais ça ne se fait qu'à la marge."
Quant à changer les dates du Tour de France, M. Prudhomme s'interroge. "La difficulté c'est que le réchauffement s'exerce partout. Il ne suffit pas de ne pas aller dans tel ou tel département du sud pour qu'il fasse moins chaud. Même chose pour les saisons: on a eu une première vague de chaleur et c'était fin mai...".
"Quelles que soient les décisions qui seraient prises à l'avenir, c'est une décision qui concerne tout le monde du cyclisme et bien au-delà. Car le Tour de France est le pivot de la saison. C'est à partir de lui que toute la saison s'organise", a-t-il insisté.
H.Engstrom--StDgbl