La salade n'a pas du tout aimé les chaleurs hors norme de l'été
Les vagues de canicule et la sécheresse de cet été ont amputé les récoltes de laitues, dont les prix ont flambé et restent élevés malgré une petite détente ces dernières semaines, selon les chiffres publiés mercredi par le ministère de l'Agriculture.
Les cours de cette production "ont atteint des sommets en juillet et surtout en août": +58% sur ce mois-là par rapport à août 2025 et +69% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, en raison d'une offre insuffisante, indique Agreste, le service des statistiques du ministère.
La production de laitue (on regroupe sous ce vocable la laitue beurre, communément appelée "laitue", mais aussi la batavia, la romaine ou encore la feuille de chêne) devrait atteindre 389,7 millions de têtes pour la campagne 2026/27 (de mai 2026 à avril 2027), selon Agreste. Soit une baisse de 8% par rapport à la campagne précédente, malgré des surfaces plantées en hausse de 2%.
Un repli qui s'explique par "les épisodes caniculaires" et "le manque d'eau", explique, sans surprise, Agreste.
Ainsi, en juin, les fortes chaleurs ont réduit les volumes produits et impacté les opérations de récolte.
Puis en juillet et août, "la succession des épisodes caniculaires a conduit à d'importantes pertes (...) en raison de brûlures ou de montaisons rapides" --la montaison est un phénomène naturel, qui voit la plante monter en graine car elle "se sent" mourir et cherche à se reproduire.
Une partie des plants sont perdus, ce qui amplifie la baisse de la production estivale, qui atteint 25% sur cette saison, précise Agreste.
La laitue continue de souffrir en septembre, à cause du manque d'eau. "Les quelques périodes de pluies sur le mois sont insuffisantes pour améliorer les rendements de façon notable", indique le ministère.
Côté prix, les cours se sont quelque peu repliés sur les dernières semaines, mais ils restent "nettement supérieurs à ceux des années antérieures".
Beaucoup de cultures de maraîchage ont souffert de cet été trop chaud et trop sec. La production de carottes devrait ainsi baisser de 11% sur la campagne 2026/27 par rapport à la campagne précédente, et de 4% comparé à la moyenne des cinq dernières.
Si la carotte primeur a bénéficié des conditions de chaleur dès le mois de mai, la carotte de saison (récoltée plus tard dans l'été) a moins apprécié et vu son rendement baisser de quelque 15%, toujours selon Agreste.
Le poireau est lui aussi en petite forme, avec une production attendue en repli de 13% pour la campagne en cours.
N.Jonsson--StDgbl