La canicule s'étend, vigilance rouge en vue dimanche
Oraux du bac perturbés, prudence de mise sur les chantiers et lors de la Fête de la musique: la canicule continue à s'étendre vendredi, avec 53 départements placés en vigilance orange, bientôt 60 samedi, et un niveau "rouge" qui pourrait être déclenché dimanche dans certaines zones.
Ce nouvel épisode de grande chaleur s'installe "durablement sur le pays" et "devrait se maintenir a minima jusqu'en début de semaine prochaine", a mis en garde Météo-France, pour qui cette canicule pourrait être d'"une durée et une sévérité identiques à celle d'août 2003".
Des orages "localement violents" sont par ailleurs attendus vendredi dans les Hauts-de-France, dans l'après-midi et en début de soirée.
Près de 41 millions de personnes habitant en France, soit près de 60% de la population, seront concernées samedi par l'alerte orange canicule, soit cinq millions de plus que vendredi, selon un décompte de l'AFP basé sur les estimations de population dans les départements concernés. Parmi les personnes concernées, on trouve quelque 1,9 million de bébés ou enfants de moins de quatre ans et 4,4 millions de 75 ans ou plus.
A Tours, où la barre des 40 degrés devrait être dépassée lundi, cette chaleur "ça fait peur et pour nous et pour la génération qui suit", soupire Vanessa Moisso, employée à la mairie. Dans un restaurant du centre-ville, "on a très peu de monde, il fait trop chaud. Même en terrasse, les gens ne viennent pas manger", regrette Patrick Lebrun, le chef pâtissier.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu va activer samedi le centre interministériel de crise (CIC), qui permet de coordonner l'action des services de l'Etat en matière d'éducation, transports, santé, aménagement des territoires, agriculture, sports, travail, culture et armées.
Aux urgences hospitalières, "des renforcements d'équipes" sont anticipés au "cas par cas", selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Et dans le monde du travail, "les entreprises doivent prendre des mesures" pour protéger leurs salariés exposés, a rappelé le ministre Jean-Pierre Farandou, insistant sur l'adaptation des horaires pour "travailler davantage plus tôt et quand il fait plus frais".
Dans l'éducation, 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires, a détaillé le ministre Edouard Geffray. Ce chiffre comprend les quelque 150 établissements qui ferment complètement.
Les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours", dans les académies de Bordeaux, Lyon, Montpellier, Normandie et Poitiers. "A l'avenir", il n'y aura plus d'épreuves du bac ou du brevet "les après-midi", a souligné le ministre.
Élodie, 17 ans, lycéenne à Surgères (Charente), est concernée: son oral aura finalement lieu le 29 juin au matin. "C'est une bonne chose" au vu des "températures insoutenables", et "ça permet d'avoir un peu plus de temps pour réviser", positive-t-elle.
La chaleur met par ailleurs en péril la traditionnelle Fête de la musique, prévue dimanche. Les animations ont été annulées à Poitiers, Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et dans plusieurs petites villes. D'autres comme Bayonne ou Angoulême ont adapté le programme, en reportant notamment des concerts en soirée. Il n'y a cependant "pas de remise en cause" de la fête "d'une manière générale", a insisté le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
A Paris et en petite couronne, la préfecture de police a demandé l'annulation de 11 événements sportifs en plein air. En Alsace, toutes les courses du "marathon du vignoble", prévu samedi et dimanche, qui devaient accueillir 7.500 participants, ont été annulées.
C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines à toucher la France, déjà frappée en mai par des températures inédites pour le mois. Ces vagues de chaleur plus fréquentes, plus nombreuses et plus intenses sont le "signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.
La canicule exceptionnelle de 2003 avait fait 15.000 morts, un électrochoc qui avait débouché sur un système d'alerte.
Plus récemment, la chaleur a tué plus de 5.000 personnes en 2023 et en 2025 (aux trois quarts des plus de 75 ans), selon des estimations de l'agence Santé publique France.
I.Pettersson--StDgbl