Les forces de sécurité en Haïti mènent une intense campagne contre les gangs
Les forces de sécurité en Haïti mènent une large offensive contre les gangs criminels et ont délogé un de leurs membres les plus connus, Jimmy Cherizier, dit "Barbecue", a déclaré samedi à l'AFP un responsable de la police du pays.
Une attaque de drones lancée mercredi dans la capitale Port-au-Prince, a visé l'un des domiciles de "Barbecue", le chef de la coalition de gangs "Viv ansanm" et un des principaux visages des bandes criminelles qui gangrènent ce petit pays des Caraïbes, le plus pauvre des Amériques.
"L'opération ciblée nous a permis de détruire sa maison et minimiser toute possibilité de retour de son groupe dans la zone", a assuré le responsable de communication de la police nationale, Frantz Lerebours, à l'AFP.
Des opérations de la police haïtiennes sont menées quotidiennement dans le centre-ville de Port-au-Prince, en grande partie contrôlée par ces bandes criminelles, avec l'appui de la force de répression des gangs qui remplace la mission multinationale de l'ONU, et une entreprise de sécurité privée.
Des explosions de drones y retentissent à longueur de journée, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.
La police haïtienne se dit optimiste quant à sa capacité de "reprendre le contrôle de la capitale à court terme" grâce à une série d'"intensives opérations" menées depuis fin décembre.
"Nous sommes dans une logique de rétablissement de l'ordre public (...). Nous menons des patrouilles sécurisées dans ces zones. Ce qui n'était pas possible depuis plusieurs années", assure ainsi Frantz Lerebours.
- 1,4 million de déplacés -
Haïti subit depuis de nombreuses années la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements.
Mais la situation s'est aggravée depuis début 2024, quand le Premier ministre de l'époque Ariel Henry a été poussé à la démission par ces groupes armés.
Le pays, qui n'a pas connu d'élections depuis 2016, est depuis dirigé par des autorités de transition qui ne parviennent pas à enrayer la violence, mais ont annoncé l'organisation d'élections législatives et présidentielle à l'été 2026.
Dix-huit pays se sont engagés à fournir des forces de sécurité à l'unité anti-gang qui remplace la mission multinationale de l'ONU, afin de venir en aide aux autorités haïtiennes. Elle sera constituée de 5.500 soldats, a détaillé mi-décembre le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Albert Ramdin.
Selon un récent rapport d'Unicef, agence de l'ONU, environ 1,4 million de personnes ont été déplacées dans le pays en raison des violences dans la capitale, soit plus de 10% de la population, dont plus de 740.000 enfants.
Et quelque 5,7 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë, dont 1,2 million d'enfants de moins de cinq ans.
S.Lindstrom--StDgbl