Stockholms Dagblad - En pleine rue à Téhéran, de hauts dirigeants défient les bombardements israélo-américains

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En pleine rue à Téhéran, de hauts dirigeants défient les bombardements israélo-américains

En pleine rue à Téhéran, de hauts dirigeants défient les bombardements israélo-américains

De hauts dirigeants iraniens ont défié vendredi les Etats-Unis et Israël en participant à une manifestation en pleine rue dans le centre de Téhéran, alors que des bombardements frappaient les alentours.

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Après deux semaines, l'intransigeance des belligérants et la poursuite des frappes en Iran comme dans le reste de la région ne laissent présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial.

La France et les Etats-Unis ont annoncé vendredi la mort de sept de leurs soldats ou personnels en Irak: un Français, le premier dans cette guerre, tué par un drone lancé par un groupe pro-iranien dénonçant l'alignement de Paris sur Washington, et six membres d'équipage dans le crash d'un avion américain de ravitaillement, qui n'est pas dû à des tirs ennemis selon l'armée américaine.

Les Etats-Unis et Israël, qui ont déjà frappé plus de 15.000 cibles dans cette guerre selon le Pentagone, ont continué vendredi de frapper la capitale iranienne Téhéran, secouée dans la matinée par de fortes déflagrations selon des journalistes de l'AFP.

Cela n'a pas empêché certains hauts dirigeants iraniens de les défier en apparaissant dans une foule de manifestants au coeur de la capitale. Le chef de la sécurité Ali Larijani et le président Massoud Pezeshkian, jusqu'ici discrets en public depuis le début de la guerre, ont défilé dans la matinée.

Sur des images de la télévision d'Etat, on voit le cortège réagir aux explosions qui frappent des quartiers non loin, et aux épais panaches de fumée qu'elles provoquent.

Au moins une femme a été tuée dans un des bombardements, d'après l'agence iranienne Irna.

- "Trump ne comprend pas" -

Ce rassemblement pro-gouvernemental en soutien aux Palestiniens, organisé chaque année dans de nombreuses villes iraniennes le dernier vendredi du mois sacré du ramadan, a rassemblé dans la capitale une importante foule - difficile a évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et les bombardements dès le matin.

Chantant "mort à l'Amérique" et brûlant des drapeaux israéliens, les manifestants arboraient notamment de nombreux drapeaux iraniens, des pancartes promettant l'enfer au président américain Donald Trump et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé à la télévision d'Etat Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

Certains manifestants brandissaient des portraits de l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février au début des frappes américano-israéliennes. Si le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, était également présent dans la foule, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, fils d'Ali, n'est lui pas apparu publiquement depuis sa désignation dimanche dernier.

Jeudi, son premier message avait été lu par une présentatrice de la télévision nationale: il a appelé à venger la mort de son père et de toutes les victimes des "crimes" américains et israéliens dans ce conflit.

- Commerce mondial ébranlé -

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement.

Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé vendredi en conférence de presse qu'il était "probablement défiguré". Il ajouté que l'armée américaine bombarderait l'Iran plus intensément vendredi que n'importe quel autre jour depuis le début de la guerre.

Donald Trump a lui annoncé que son armée allait frapper l'Iran "très fort au cours de la prochaine semaine", tout en restant prudent sur une issue rapide du conflit, estimant qu'un changement de régime par le peuple en Iran arriverait, mais "peut-être pas immédiatement".

Il a par ailleurs jugé "possible" que le président russe Vladimir Poutine "aide un petit peu" l'Iran, tout en laissant entendre qu'il n'y trouvait rien à redire.

En Iran, le conflit a déjà provoqué d'importants déplacements: plus de trois millions de personnes sont concernées, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Presque chaque famille ici héberge au moins une famille venue de Téhéran", a confié à l'AFP une femme de 30 ans résidant à Kermanshah (ouest).

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont annoncé vendredi tirer des missiles et drones sur Israël, avec le Hezbollah libanais soutenu par Téhéran.

Au Liban, les frappes de l'armée israélienne, déterminée à "détruire" le réseau du Hezbollah, ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000 autres depuis le début de la guerre, selon les autorités.

Cette guerre à multiples fronts continue d'ébranler le commerce mondial en bloquant le détroit d'Ormuz, voie commerciale stratégique largement bloquée par l'Iran et par où transite un cinquième du pétrole mondial, dont les prix se sont envolés ces derniers jours.

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W.Axelsson--StDgbl