Stockholms Dagblad - Soudan: Amnesty accuse les paramilitaires de "nettoyage ethnique" à El-Facher

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Soudan: Amnesty accuse les paramilitaires de "nettoyage ethnique" à El-Facher

Soudan: Amnesty accuse les paramilitaires de "nettoyage ethnique" à El-Facher

Les "crimes contre l'humanité" et "le nettoyage ethnique" auxquels se sont livrées, les Forces de soutien rapide (FSR), paramilitaires en guerre contre l'armée au Soudan, avant et durant la prise, en 2025, de la ville d'El-Facher, au Darfour, vont se poursuivre si personne n'agit, avertit mercredi Amnesty.

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Dans un rapport publié mercredi, l'ONG appelle notamment au déploiement d'urgence d'une force internationale pour notamment protéger les habitants d'El-Obeid, face aux signes d'offensive imminente des FSR sur El-Obeid, ville du Kordofan (sud).

"Les FSR ont commis une litanie de crimes contre l'humanité durant leur campagne pour s'emparer d'El-Facher. Elles ont massacré (...) Elles ont procédé à du nettoyage ethnique. Les FSR vont répéter les mêmes crimes encore et encore si elles ne sont ne sont pas stoppées", a souligné mercredi la secrétaire générale d'Amnesty International Agnès Callamard, lors de la présentation de ce rapport à Nairobi.

Mme Callamard a appelé à "prévenir un génocide" et "empêcher que les habitants d'El-Obeid et d'autres subissent le même sort que ceux d'El-Facher". Elle a notamment exhorté les Etats concernés à cesser les livraisons d'armes aux Emirats Arabes Unis, soutiens des FSR.

Dans son rapport, intitulé "Ville assiégée, enfants pris pour cibles" et basé sur les récits de 247 victimes ou témoins d'exactions commises entre début 2024 et octobre 2025 dans la province du Darfour-Nord, Amnesty estime que les actes des FSR à El-Facher "pourraient être constitutifs du crime de génocide", expliquant continuer d'enquêter pour le confirmer.

En février, une mission d'enquête nommée par l'ONU a fait état d'"actes de génocide" perpétrés par les FSR lors de la prise d'El-Facher.

- "massacre" -

Selon les témoignages recueillis par Amnesty, les FSR ont, dès 2024, systématiquement attaqué les villages, villes et camps de déplacés aux alentours d'El-Facher, peuplés majoritairement de Zaghawas, une ethnie non arabe du Darfour, également présente au Tchad.

Les paramilitaires "ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitants, ce qui tend à indiquer qu'ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables", note l'ONG qui souligne aussi que les enfants ont souvent été visés de façon délibérée et massivement tués, blessés, violés et enlevés pour être recrutés de force ou servir d'esclaves sexuels.

Le siège auquel les FSR ont soumis El-Facher entre mai 2024 et octobre 2025 a provoqué une famine, rappelle Amnesty qui les accuse aussi d'avoir "massacré" des centaines de civils s'étant heurtés, en tentant de fuir l'assaut lancé le 26 octobre 2025 sur la capitale provinciale du Darfour-Nord, aux murs de terre érigés autour de la ville par les paramilitaires.

Des rescapés ont relaté à l'ONG des exécutions, des viols, des actes de torture et des prises d'otages. Les FSR ont aussi détenu des milliers de civils, dont des enfants, souvent dans des conditions abominables, selon le rapport.

Le conflit qui oppose depuis avril 2023 l'armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, aux FSR, commandées par le général Mohamed Hamdane Daglo, a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon l'ONU.

"La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles (...) El-Facher est une tache sur notre conscience", a souligné Mme Callamard.

N.Sundberg--StDgbl