Budget: la dette publique de la France grimpera jusqu'à 121,7% du PIB en 2027, un record
Le niveau d'endettement de la France va continuer de se creuser pour atteindre 119,3% du produit intérieur brut (PIB) en 2026 et 121,7% en 2027, a indiqué samedi le ministère de l'Economie et des Finances, des niveaux records
Ces niveaux d'endettement sont au plus haut depuis 1995, selon des données de l'Institut national de la statistique (Insee). En 2025, la dette représentait 115,6% de la richesse nationale créée.
"Cette hausse est mécanique. Elle est la conséquence d'un déficit qui demeure élevé", a développé le ministère auprès de journalistes, après avoir soumis dans la nuit les textes budgétaires pour 2027 au Haut conseil des finances publiques (HCFP), qui doit se prononcer sur "la sincérité et la crédibilité" des trajectoires macroéconomiques.
Après 5,1% du PIB en 2025, le gouvernement prévoit un déficit public de 5,4% en 2026. Il diminuerait à 5% en 2027, un objectif que le ministre de l'Economie et des Finances Roland Lescure a jugé jeudi "ambitieux" mais "évidemment réalisable".
"La perspective d'une stabilisation de ce ratio (de dette) ne peut intervenir que lorsque le déficit public sera ramené à 3%" du PIB, un objectif maintenu à 2029, a par ailleurs précisé Bercy.
La France est le pays le plus endetté de la zone euro derrière la Grèce et l'Italie. A titre de comparaison, la dette publique de l'Espagne est passée sous 100% du PIB en juillet et celle du Portugal était inférieure à 90% en 2025.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté jeudi les grandes lignes d'un budget pour 2027 qu'il veut "offensif" avec un effort massif de 54 milliards d'euros, laissant toutefois au Parlement le soin de trancher certaines mesures comme celles, sensibles, concernant les retraités.
Les projets de budget de l'Etat et de la Sécurité sociale seront présentés en conseil des ministres le 1er octobre, avant leur examen au Parlement.
La consultation pour avis du HCFP est obligatoire.
Outre les cibles d'endettement et de déficit, cette instance rattachée à la Cour des Comptes examinera également l'évolution de la dépense publique.
Cette dernière va légèrement baisser de 0,2 point de pourcentage à 56,9% du PIB en 2027, selon le ministère de l'Economie, qui y voit "le fruit d'un effort de maîtrise de la dépense tout à fait considérable". Cet effort concerne l'Etat (hors défense), la sécurité sociale et les collectivités territoriales.
Indicateur surveillé au niveau européen, la dépense primaire nette (DPN), qui exclut la charge de la dette et des dépenses conjoncturelles liées au chômage, augmentera de 0,7% en 2027, sous la recommandation de Bruxelles (1,2%).
En 2026, la DPN progressera toutefois de 1,4%, un taux "légèrement supérieur à la recommandation, mais dans la marge de flexibilité autorisée par l'Union européenne", d'après Bercy.
Concernant les recettes, le taux de prélèvement obligatoire atteindra 44,2% du PIB l'an prochain, contre 43,9% en 2026, une légère hausse attribuée à la réduction de certaines niches fiscales et à la lutte contre la fraude.
"Mais globalement, pas de hausse généralisée d'impôts, pas de hausse de TVA, pas de gel du barème de l'IR (impôt sur le revenu, NDLR)", a souligné Bercy. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises va baisser et ne rapporterait plus que 5 milliards d'euros par an au lieu de quelque 8 milliards.
J.Jonsson--StDgbl