Foot: Hervé Renard licencié par l'Arabie saoudite à deux mois du Mondial
Les chances de voir sa célèbre chemise blanche et son brushing millimétré aux États-Unis cet été s'amenuisent: le Français Hervé Renard a été démis de ses fonctions de sélectionneur de l'Arabie saoudite qu'il devait entraîner lors du Mondial-2026, dans moins de deux mois.
C'est pour participer à la Coupe du monde (11 juin - 19 juillet) en Amérique du nord que le technicien français avait quitté en octobre 2024 les Bleues qu'il entraînait et avait repris en main "les Faucons verts", déjà dirigés entre 2019 et 2023, mais alors mal embarqués dans leur qualification pour le raout mondial.
C'est Hervé Renard lui-même qui a confirmé à l'AFP son licenciement annoncé par RMC.
"C'est le football... L'Arabie saoudite s'est qualifiée sept fois à la Coupe du monde, dont deux fois avec moi. Et il n'y a qu'un seul coach qui a fait les qualifications et la Coupe du monde, c'est moi, en 2022. Au moins il y aura cette fierté", a-t-il encore commenté, joint par téléphone.
Si le Français n'a pas donné d'indication sur son avenir, les médias saoudiens évoquent déjà le nom de son probable successeur, le Grec Georgios Donis, actuel entraîneur du club d'Al-Khaleej, en Saudi Pro League.
Après un passage plutôt décevant à la tête de l'équipe de France féminine marqué par l'échec des Jeux olympiques de Paris achevés sans médaille, Hervé Renard, 57 ans, avait été rappelé à l'automne 2024 à la suite du limogeage de son successeur à la tête des "Faucons verts", l'Italien Roberto Mancini, après leur défaite à domicile contre le Japon (2-0) en qualifications pour le Mondial-2026.
- de retour après Mancini -
"Je suis de retour", avait alors clamé celui qui a construit sa stature internationale en Afrique, conduisant au sommet de la CAN la Zambie en 2012 puis la Côte d'Ivoire en 2015.
Sous contrat jusqu'en 2027, le champion d'Europe avec l'Italie en 2021 présentait un bilan jugé insuffisant, avec sept victoires, cinq nuls et six défaites en dix-huit matches.
Hervé Renard, dont le contrat courait sur deux ans - c'est-à-dire jusqu'à l'après-Mondial - est lui écarté alors même que l'Arabie saoudite est parvenue à se qualifier pour sa septième phase finale de Coupe du monde, la troisième d'affilée, où elle affrontera l'Espagne, l'Uruguay et le Cap-Vert au sein du groupe H.
Insuffisant pour continuer une seconde aventure mal embarquée dès le départ. "Il y a eu une grande controverse sur son retour, mais le fait qu'il connaisse bien l'équipe a été décisif", avait notamment déclaré à l'AFP une source proche des négociations, au moment de sa nomination.
- Troisième de la Coupe arabe -
Renard lui-même n'avait pas retrouvé lors de son deuxième séjour saoudien l'entrain qui lui avait permis de guider l'équipe vers une victoire retentissante contre l'Argentine, future championne du monde (2-1), en phase de poules du Mondial-2022. Les Saoudiens avaient finalement été éliminés après des défaites contre la Pologne (2-0) et le Mexique (2-1).
Entre-temps, la Saudi Pro League, le championnat national, a changé de dimension, charriant avec sa nouvelle exposition médiatique des stars internationales à commencer par le Portugais Cristiano Ronaldo ou le Français Karim Benzema. Bémol: une moindre exposition pour les joueurs saoudiens soumis à une concurrence exacerbée.
Le bilan de son second mandat à la tête des "Faucons verts" s'avère mitigé avec treize succès pour cinq nuls et onze défaites. Les Saoudiens n'ont terminé que troisième ex-aequo en Coupe arabe en décembre (défaite 1-0 en demi-finale face à la Jordanie) et n'ont obtenu leur billet pour le Mondial-2026 qu'au quatrième tour des qualifications asiatiques.
Les deux défaites en match amical, fin mars, contre l'Égypte (4-0) et la Serbie (2-1) ont scellé le sort de Renard qui n'ira finalement pas au terme de sa mission.
F.Eklund--StDgbl