Pour ses 80 ans, Trump invite le MMA à la Maison Blanche
Le jour de ses 80 ans, Donald Trump invite dimanche le MMA et sa cage grillagée à la Maison Blanche, transformant ses pelouses en spectaculaire arène de combat le temps d'une soirée inédite.
L'anniversaire du président américain pourrait aussi coïncider avec la signature d'un accord sur la guerre au Moyen-Orient, qu'il avait lui-même déclenchée le 28 février en frappant l'Iran avec Israël.
Le milliardaire républicain et le médiateur pakistanais ont affirmé qu'un accord serait signé dimanche, ce que Téhéran n'a pas confirmé à ce stade.
En attendant, la "griffe", imposante arche métallique de 28 mètres de haut aux couleurs de l'Amérique - plus haute que la résidence du président - a pris place sous les fenêtres de la Maison Blanche.
Dessous, trône l'octogone où sept face-à-face se dérouleront dans la soirée (à partir de 20H00 locale), sous le patronage de l'UFC, la puissante organisation d'arts martiaux mixtes (MMA) pilotée par Dana White, un proche de Donald Trump.
Ce spectacle organisé au coeur du pouvoir politique, évalué à 60 millions de dollars selon la presse, fait grincer des dents au moment où la guerre contre l'Iran fait augmenter le coût de la vie pour les Américains.
La Maison Blanche assure que l'UFC finance l'intégralité de l'événement.
Comme à son habitude, Donald Trump - qui a promis "le plus grand spectacle au monde" - voit les choses en grand.
Plus de 4.000 invités triés sur le volet sont attendus autour de la cage. Et jusqu'à 125.000 curieux pourront se masser dans un parc adjacent pour suivre les combats sur écran géant.
- Rattrapé par la foudre ? -
En ouvrant grand les portes de la Maison Blanche au MMA, c'est une certaine idée de l'Amérique que Donald Trump met à l'honneur.
Populaire en particulier chez les jeunes hommes, un électorat qui a compté dans son retour au pouvoir, ce sport incarne à l'extrême son goût pour la virilité décomplexée.
"Ce sont les gens les plus endurcis que vous puissiez rencontrer", a-t-il vanté à propos des combattants auprès du New York Post.
Haut responsable de l'UFC, Craig Borsari se défend de mélanger sport et politique. "Nous voyons ça comme une occasion incroyable et tout à fait unique de célébrer ce pays et nos athlètes", a-t-il estimé en conférence de presse mercredi.
L'UFC aurait-elle monté un tel projet avec un président démocrate ? A "100%", a-t-il affirmé.
Baptisé "Freedom 250", l'événement s'inscrit dans le cadre des 250 ans de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis.
Pluie et orage risquent toutefois de jouer les trouble-fête. La programmation pourrait être avancée ou retardée de "quelques heures", selon Craig Borsari.
"Nous combattrons (...) quoi qu'il arrive", s'est agacé vendredi Dana White, le grand manitou de l'UFC, disant son "ras-le-bol d'entendre parler de la météo".
- "Grande machine de combat" -
"On n'est pas du tout dans de la politique" mais "on a cette chance d'être exposé aux yeux du monde, on doit la saisir", estime auprès de l'AFP le Français Ciryl Gane, décrivant "une très belle vitrine pour le MMA". Il sera opposé au Brésilien Alex Pereira dans l'un des deux principaux combats.
"Dans tout sport, vous voulez les plus grandes plateformes possibles (...) C'est la plus grande scène possible", apprécie le combattant américain Michael Chandler.
Fanfares militaires, survol aérien et parachutistes sont annoncés par les médias.
La guerre en Iran pourrait émerger en filigrane avec, selon Donald Trump, un message du ministère de la Défense invitant la jeunesse américaine à "rejoindre notre grande machine de combat".
Le show éclipse les questions autour de l'âge du président, le plus vieux jamais élu aux Etats-Unis, alimentées par ses hématomes maquillés sur les mains ou les moments où il semble s'assoupir en public. Son médecin le dit en excellente santé.
Dans une vidéo publiée par son entourage dans la semaine, le président républicain admet n'être "pas ravi de fêter cet anniversaire". "Ce n'est pas un chiffre qui me plaît, mais je suis là quand même."
"Il gère sa présidence comme il a géré sa carrière avant: comme un grand spectacle tape à l'oeil", résume Peter Loge, à la tête de l'école des médias et des affaires publiques de l'université George Washington.
I.Martensson--StDgbl