Championnat de France de cyclisme: le sacre annoncé et "rêvé" de Romain Grégoire
Favori, "obsédé" par un sacre dont il "rêvait depuis tellement longtemps", Romain Grégoire est devenu à 23 ans champion de France de cyclisme, sous la canicule et au terme d'une course parfaitement maîtrisée, dimanche à La Tour-du-Pin (Isère).
Le Franc-Comtois a conclu "le scénario de rêve" qu'il avait imaginé grâce à "l'incroyable prestation collective" de la formation Groupama-FDJ United et son armada, 32 coureurs au départ sur 131 concurrents.
Dans une course écrasée par la chaleur (et rabotée en conséquence de 16 kilomètres), que seuls 39 coureurs ont terminée, Grégoire n'a jamais tremblé.
Comme attendu, il s'est isolé en tête lors de l'ultime ascension de la côte de Béjui, à trois kilomètres de l'arrivée, alors qu'il faisait partie d'un groupe de six costauds.
Le Bisontin a eu "le temps de profiter" avant de passer la ligne avec 13 secondes d'avance sur Paul Lapeira, qui a qualifié le vainqueur "d'injouable". Joris Delbove a pris la troisième place après "avoir vite compris que Romain était au-dessus de tout le monde".
"Romain, c'est un mec de grands rendez-vous et même s'il n'a que 23 ans, c'est déjà un grand monsieur", a poursuivi le coureur de Total Energies qui "espère avoir gagné sa place au Tour de France" (4-26 juillet).
Une Grande Boucle que Romain Grégoire va aborder avec l'intention de briller: "Faire le Tour, c'est déjà dingue, mais avec ce maillot bleu-blanc-rouge, c'est encore plus fou. Je vais essayer de faire de ces trois semaines quelque chose de mémorable".
- "Des super jambes mais j'ai douté" -
Avant ce dimanche, "j'avais dit à ma copine qu'à choisir, je préfèrerais le titre plutôt qu'une victoire sur le Tour", a poursuivi Grégoire.
"Dans une carrière, on n'a pas 10.000 occasions d'arriver en forme, sur un parcours qui vous convient, au départ d'une course dont vous rêvez."
De quoi faire de cette victoire "la plus belle, et de loin", après une première partie de saison qui avait déjà été très convaincante et qui l'avait vu solide lors de la campagne ardennaise, 4e de l'Amstel et 7e à Liège après avoir tutoyé le podium au Strade Bianche.
Son succès d'étape il y a une semaine au Tour de Suisse - son deuxième bouquet de l'année après la Faun Ardêche Classic - avait fini par le rassurer.
Pas du genre à avoir "trop confiance" en lui, Romain Grégoire a pourtant "un peu douté" dimanche, surtout quand un groupe d'une trentaine d'hommes a pris jusqu'à 2 mn 30 d'avance après la mi-course.
Mais, en l'absence de cadors tels Paul Seixas ou Kévin Vauquelin, concentrés sur le Tour de France, la formation Groupama a logiquement remis les choses dans l'ordre.
"L'idée, effectivement, était de m'amener dans les meilleures conditions dans le dernier tour tout en ayant fait travailler des adversaires comme Benoît Cosnefroy", a raconté le vainqueur.
"Si j'avais de super jambes, je n'étais toutefois pas rassuré. A l'approche de la dernière montée, je voyais que les jambes de Paul (Lapeira) tournaient bien, que Joris (Delbove) caressait les pédales. Axel (Laurance) aussi", a-t-il ajouté.
Mais Grégoire "a tout donné" dans l'ascension de Béjui, un kilomètre à 8,4% (et un passage à 13%), "en pensant à tous ce que les copains avaient réalisé pendant la journée" pour ne pas revivre le scénario de 2025, quand il avait fini deuxième derrière Dorian Godon.
Dimanche, il avait "un meilleur niveau que l'an dernier", de quoi enfiler un maillot qu'il avait déjà remporté à quatre reprises dans les catégories d'âge, sur route (3) et en cyclo-cross. "Mais celui-ci, il est vraiment particulier".
P.Hedlund--StDgbl