Stockholms Dagblad - Tour de France: Pogacar, maillot jaune en bleu de chauffe

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Tour de France: Pogacar, maillot jaune en bleu de chauffe
Tour de France: Pogacar, maillot jaune en bleu de chauffe / Photo: Anne-Christine POUJOULAT - AFP

Tour de France: Pogacar, maillot jaune en bleu de chauffe

Maillot jaune en bleu de chauffe, Tadej Pogacar s'est, comme promis, rangé au service d'Isaac del Toro pour ruiner les espoirs de podium de Paul Seixas samedi à l'Alpe d'Huez où Richard Carapaz s'est offert une étape-reine monumentale.

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À 24 heures de l'arrivée finale à Paris, où le parcours sera raccourci afin de soulager les forces de sécurité mobilisés par les incendies, le Slovène a, sauf accident, validé sa cinquième victoire dans la Grande Boucle après avoir terminé quatrième d'une étape qu'il n'a jamais cherché à gagner.

Car le double champion du monde, qui s'était imposé la veille à l'Alpe d'Huez, avait décidé cette fois de revêtir son habit de travail avec un seul objectif en tête: aider son jeune coéquipier mexicain à conserver sa troisième place au général.

Mission accomplie, puisque les deux coureurs d'UAE ont franchi la ligne ensemble en mimant des cornes de taureau, à une minute de Carapaz.

Dimanche, Del Toro montera donc sur le podium avec le maillot blanc de meilleur jeune aux côtés de son patron et de Remco Evenepoel.

Le Belge a validé ses immenses progrès en montagne en terminant deuxième du général et de l'étape en attaquant dans le final, sans la moindre réaction de Pogacar qui était occupé à couver son poulain.

"Mes coéquipiers se sont bougé le +cul+ tous les jours pendant trois semaines pour moi. J'ai un immense respect pour eux. Alors aujourd'hui c'était à mon tour d'aider Isaac", a expliqué Pogacar qui avait déjà offert la victoire à "Torito" lors de la deuxième étape à Barcelone.

"Il a toujours tout donné pour moi, il est venu sur le Tour alors qu'il aurait pu faire le Giro ou la Vuelta (en tant que leader). Je suis super content pour lui", a ajouté le Slovène qui a "accroché tout de suite" avec son jeune coéquipier lorsque celui-ci l'a rejoint chez UAE.

- Seixas atteint ses "limites" -

"Ce qu'a fait Tadej est simplement immense. Leur amitié est quelque chose d'extraordinaire", a applaudi leur manager Mauro Giannetti.

Pour cela, on a donc eu droit à cette vision irréelle du maillot jaune emmenant un petit groupe de favoris pendant presque la totalité des 60 derniers kilomètres, à partir du haut du Galibier.

Sous l’œil attendri du nouveau meilleur ouvrier du Tour de France, Del Toro a alors pu placer son accélération dans le col de Sarenne qui laissa sur place Paul Seixas.

Au bout de trois semaines de travaux d'Hercule, le Français a finalement "atteint (s)es limites" dans cette montée inédite, vide de public pour des raisons de sécurité et de protection de la nature, dans un silence en total contraste avec la folie des 21 lacets de la veille.

Mais le Français a réussi à sauver sa quatrième place au général, un résultat exceptionnel pour un coureur de seulement 19 ans, plus jeune participant depuis 1937, qui n'avait encore jamais dépassé les huit jours de course dans une épreuve.

"Je me sentais vraiment bien dans le Galibier. Et puis à la fin j'ai craqué, voilà c'est comme ça, ça fait partie du vélo", a déclaré le Lyonnais, "forcément déçu de ne pas avoir pu me de battre plus que ça pour le podium. Mais bon quatrième on va s'en satisfaire."

- L'énorme frayeur de Kuss -

Il termine devant un autre Français, Lenny Martinez qui était, lui, fou de joie à l'arrivée.

"C'est n'importe quoi en vrai. Je n'étais même pas venu pour le général au début. Finir cinquième, c'est incroyable alors que le Top 10 était super relevé cette année", a savouré le grimpeur de Bahrain qui fait mieux que son grand-père Mariano, sixième du Tour en 1972.

Le Cannois était aussi content de "répondre à la pédale" aux "nombreux messages de haine" reçus pour avoir refusé de collaborer avec Richard Carapaz dans la montée de l'Alpe d'Huez la veille.

L'Équatorien est reparti à l'offensive samedi pour prendre tous les points au sommet de la Croix de Fer, du Télégraphe et du Galibier et s'assurer mathématiquement le maillot à pois.

Le leader d'EF Education a ensuite magnifié sa journée en remportant "la plus belle victoire" de sa carrière, la deuxième dans ce Tour, après celle décrochée jeudi à Orcières-Merlette.

Il a eu un peu de chance aussi puisqu'il a profité des deux chutes incroyables dans le final de Sepp Kuss qui faisait la course en tête.

L'Américain a même manqué de basculer dans le vide, seulement retenu par un filet de sécurité. "Je n'étais plus très lucide", a-t-il plaidé à la sortie d'une étape d'une brutalité inouïe.

W.Lindqvist--StDgbl